Coups de coeur

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Coups de cœur des lecteurs et de l'équipe de la bibliothèque. Pour les réserver, identifiez vous (nom et n° de carte) et rendez vous sur la fiche du livre (après une recherche catalogue

 

 SEANCE DU 26 OCTOBRE

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La couleur de l’eau, James Mc Bride, Gallmeister

Arrivé à l’âge adulte, James McBride interroge celle qui l’a élevé et dont la peau est tellement plus claire que la sienne. Il découvre l’histoire cachée de Ruth, fille d’un rabbin polonais qui a bravé tous les interdits pour épouser un Noir protestant en 1942. Reniée par sa famille, elle élève James et ses onze frères et sœurs dans la précarité, le chaos et la joie. Pour elle, peu importe la couleur de peau. Seul compte l’avenir de ses enfants. Ils feront des études, et ainsi choisiront leur vie. Tressant leurs souvenirs, James McBride raconte, une femme forte et secrète, lucide et naïve, imperméable aux préjugés : sa mère. L’auteur est un écrivain, journaliste et musicien américain. Son roman est magique ; c’est une ode à la joie, à l’amour et à la tolérance ! Un véritable coup de cœur littéraire =)

Le goût du bonheur, Marie Laberge, Pocket

Un immense coup de cœur pour le lecteur qui a présenté ce roman. Il s’agit d’une saga familiale en trois tomes. Réunis dans leur résidence estivale de l'île d'Orléans, non loin de Québec, les Miller et leurs six enfants offrent l'image de l'harmonie et de l'aisance. La crise des années trente les a épargnés. Chez eux, le goût du bonheur l'emporte sur les conventions et les préjugés d'une société paroissiale et étouffante. Comblée par un mari intelligent et sensuel, Gabrielle aspire à encore plus de liberté, prête à la révolte. La tendre et violente Adélaïde, sa fille, est déchirée entre sa tendresse pour le jeune Florent et sa passion pour l'Irlandais Nic McNally. Partout, alors que la rumeur de la guerre enfle en Europe, s'annoncent des orages du cœur, des menaces, des trahisons, la maladie. Mais rien ne semble pouvoir briser le courage et l'énergie vitale des Miller. Embarquez au Québec avec Marie Laberge ; condition de la femme dans les années 30, combat des suffragettes, difficultés à allier religion et vie de couple… voici un aperçu des thèmes abordés dans ce roman !

Le libraire de Cologne, Catherine Ganz-Muller, Scrineo

Cologne, Allemagne. 1934. Poussé à l'exil par les lois anti-juives, le libraire Alexander Mendel est obligé de s'exiler en France avec sa famille. Il confie sa Librairie à son jeune employé, Hans Schreiber. Par fidélité à son mentor et par haine du régime nazi, Hans décide de se battre, malgré les menaces et les bombes, pour que la Librairie continue à vivre dans cette période tragique. Le combat d'un libraire, héros ultime d'un pays où règnent la haine et la terreur, qui tente de faire triompher les livres... et la liberté. Un roman qui se lit très facilement.

Requiem : Poème sans héros et autres poèmes, Anna Akhmatova, Gallimard

Anna Akhmatova publie son premier recueil en 1912 et s'impose très tôt comme une virtuose de la petite forme lyrique. Classée comme "acméiste" ou "intimiste", elle est plus authentiquement quelqu'un qui cultive un style simple, rigoureux, d'un classicisme qui l'apparente à Pouchkine, même si chez elle toute idée d'imitation est exclue. Après la révolution d'Octobre, elle refuse d'émigrer, quoique suspecte aux autorités nouvelles qui vont, peu à peu, l'interdire de publication. Des textes poétiques forts, poignants, ciselés. Une poésie fragile et souveraine qui, confrontée aux risques les plus grands, ne renonce jamais, et célèbre avec une rare intensité les pouvoirs d'une parole irréductible.

Une Vie, Guy de Maupassant, J’ai lu

Elevée dans un couvent jusqu'à ses 17 ans, Jeanne rêve de liberté, de voyages et d'amour. Lorsqu'elle retrouve la demeure familiale, la jeune femme est prête à embrasser son existence. C'est alors qu'elle croise le regard de Julien Lamare ; aux battements de son cœur, Jeanne croit reconnaître l'âme sœur. Le mariage se chargera vite de briser ses illusions... Retraçant la vie d'une femme "depuis l'heure où s'éveille son cœur jusqu'à sa mort", le premier roman de Maupassant saisit les élans, les espoirs, les déceptions ou les tragédies qui rythment une existence, dont il retranscrit ainsi "l'humble vérité". Le lecteur nous parle d’une écriture somptueuse et merveilleuse, et d’une langue si belle, que Maupassant distille au fil des pages. Un coup de cœur.

L’Echelle de Jacob, Ludmila Oulitskaïa, Gallimard

Dans la malle laissée par sa grand-mère Maroussia avant sa mort, Nora découvre des lettres échangées avec son grand-père, Jacob. Féministe avant la révolution, danseuse artistique et communiste ardente, la belle Maroussia a ses propres convictions intellectuelles. Mais les rêves et les ambitions du jeune couple croulent sous le poids de l'histoire soviétique. Et quand Jacob est relégué en Sibérie pour sabotage, même son fils, le père de Nora, lui tourne le dos. Un coup de cœur un peu mitigé pour le lecteur, qui a été frustré que l’auteure n’évoque pas assez les grands événements historiques de la période dans laquelle elle ancre son récit.

 

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Les guerres intérieures de Valérie Tong Cuong

Les Guerres intérieures, récit d’un cas de conscience obsédant, est un roman sur la lâcheté ordinaire et le courage, sur l’irrémédiable de la violence et sur ce qui peut quand même, quand tout paraît perdu, être sauvé. Le lecteur nous a présenté ce coup de cœur car il a trouvé les personnages extrêmement bien décrits ; de plus les thèmes de la honte et de la culpabilité qui imprègnent le roman sans pour autant agacer le lecteur, l’ont beaucoup intéressé.

La fin des étiages de Gauthier Guillemin

Fantasy et magie sont au programme de ce roman présenté par notre lecteur. Le premier tome, intitulé Rivages, donne un aperçu de l’univers littéraire où il faut pénétrer. On l'appelle le Voyageur. Il a quitté le village de son épouse, Sylve, pour honorer une dette ancienne, pour retrouver les mers et les océans depuis trop longtemps perdus. Et il a disparu. A-t-il été capturé ou tué par les Fomoires, s'est-il égaré, continue-t-il son voyage vers les rivages ? Au village, nul ne le sait. Neuf mois après le départ de l'homme qu'elle aime, trop inquiète pour rester sans rien faire, Sylve décide de partir à sa recherche, d'affronter une forêt où les merveilles se disputent aux dangers. Il faut de la patience et de la persévérance pour entrer dans le roman, avertit le lecteur ; mais une fois ceci effectué, la lecture est un régal.

J’ai perdu Albert de Didier Van Cauwelaert

Pourquoi, après vingt-cinq ans de cohabitation, l’esprit qui hante Chloé l’a-t-il soudain quittée pour sauter dans la tête d’un garçon de café, Zac, apiculteur à la dérive qui ne croit en rien ? La situation est totalement invivable, pour elle comme pour lui, d’autant que cet esprit qui s’est mis à le bombarder d’informations capitales et pressantes n’est autre qu’Albert Einstein… Dans une comédie romantique haletante où la spiritualité s’attaque aux enjeux planétaires, l’auteur invente avec bonheur une nouvelle forme de triangle amoureux. Des questionnements philosophiques et une écriture agréable, voilà le coup de cœur de notre lectrice.

 

Le pays où vont mourir les rêves, tome 1 d’ Olivier Cojan

Cette saga historique passionnante où on apprend énormément de choses étale son récit sur un siècle, de la fin du 19e à la fin du 20e. Tout devrait opposer ce fils d'ouvrier et le cadet du patron, or les deux garçons s'entendent comme larrons en foire. Faire le mur, voler des cerises… Ensemble, ils ont les quatre cents coups. Un ciel noir, hélas, plane sur leur jeunesse. Bientôt, ce sera le tocsin, les tranchées, les idéologies qui s'affrontent, la vie qui sépare sans briser les amitiés… Le roman raconte le siècle à travers les yeux de ces deux garçons. On suit l’évolution de la société et des mentalités, et le lecteur s’est régalé de cette lecture.

Les énigmes d'Aurel le Consul, tome 1 : Le suspendu de Conakry  de Jean-Christophe Rufin

Comment Aurel Timescu peut-il être Consul de France ? Avec sa dégaine des années trente et son accent roumain, il n’a pourtant rien à faire au Quai d’Orsay. D’ailleurs, lui qui déteste la chaleur, on l’a envoyé végéter en Guinée où il prend son mal en patience. Tout à coup survient la seule chose qui puisse encore le passionner : un crime inexpliqué. Un plaisancier est retrouvé mort, suspendu au mât de son voilier. Son assassinat resterait impuni si Aurel n’avait pas trouvé là l’occasion de livrer enfin son grand combat contre l’injustice. Avec beaucoup d’humour et un style fluide, efficace et plaisant, embarquez pour la Guinée dans une expédition littéraire que vous n’oublierez pas !

Une langue venue d’ailleurs de Akira Mizubayashi

Dans ce roman autobiographique, l’auteur évoque son existence à cheval entre deux cultures et deux langues : le japonais natal et le français qu’il a adopté. Cet intellectuel japonais est tombé follement amoureux de la langue française. Et le voici séjournant en France pour ses études, puis épousant une Française… Presque français et plus tout à fait japonais. Presque français car le français qui se parle ne se laisse jamais tout entier posséder par une oreille née ailleurs, plus tout à fait japonais car ce qui se pense désormais en lui, il doit le traduire en sa langue natale, inadaptée à la structure même de cette pensée. Une lecture très intéressante.

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Yoga d’Emmanuel Carrère

Un vrai coup de cœur pour la lectrice. C'est l'histoire d'un livre sur le yoga et la dépression ; la méditation et le terrorisme. L'aspiration à l'unité et le trouble bipolaire. Des choses qui n'ont pas l'air d'aller ensemble, et pourtant. C'est l'histoire d'un écrivain qui voit avec satisfaction qu'il a peut-être enfin réussi sa vie, trouvé un équilibre, et qui voudrait bien écrire un livre " souriant et subtil sur le yoga " qu'il pratique depuis 25 ans. Un roman qui se lit très bien.

 

Histoire du fils de Marie-Hélène Lafon

Le fils, c'est André. La mère, c'est Gabrielle. Le père est inconnu. André est élevé par Hélène, la sœur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines. Chaque été, il retrouve Gabrielle qui vient passer ses vacances en famille. Entre Figeac, dans le Lot, Chanterelle ou Aurillac, dans le Cantal, et Paris, ce roman sonde le cœur d'une famille, ses bonheurs ordinaires et ses vertiges les plus profonds, ceux qui creusent des galeries dans les vies, sous les silences. Un roman doux, tendre et très émouvant, léger dans le style et profond dans les sentiments qu’il dépeint.

 

Les cahiers d’Esther tome 1 de Riad Sattouf

Écrits d'après les histoires vraies d'Esther A.*, Les Cahiers d'Esther nous plongent dans le quotidien d'une fille de 10 ans qui nous parle de son école, ses amis, sa famille, ses idoles. Que sont Tal, Kendji Girac ou bien les têtes brûlées ? Quels sont les critères de beauté que doivent avoir les garçons et les filles pour être populaires ? Comment fait-on quand on a des copines plus riches que soi ? En cinquante-deux pages qui sont autant de saynètes sur un thème à chaque fois différent, Esther nous raconte sa vie et son époque. Une bande dessinée efficace et bourrée d’humour !

 

Une rose seule de Muriel Barbery

Rose arrive au Japon pour la première fois. Son père, qu'elle n'a jamais connu, est mort en laissant une lettre à son intention, et l'idée lui semble assez improbable pour qu'elle entreprenne, à l'appel d'un notaire, un si lointain voyage. Accueillie à Kyoto, elle est conduite dans la demeure de celui qui fut, lui dit-on, un marchand d'art contemporain. Et dans cette proximité soudaine avec un passé confisqué, la jeune femme ressent tout d'abord amertume et colère. Ce livre est celui de la métamorphose d'une femme placée au cœur du paysage des origines, dans un voyage qui l'emporte jusqu'à cet endroit unique où se produisent parfois les véritables histoires d'amour. Un récit très intimiste dont la lectrice a beaucoup apprécié l’atmosphère et l’écriture.

 

Etre intelligent, c’est avoir de bonnes notes ? de Marianne Doubrère

C'est quoi un "intello" ? Les filles et les garçons ont-ils la même intelligence ? Les ânes sont-ils bêtes et les singes malins ? Qu'est-ce que l'intelligence artificielle ? Réussir à l'école, savoir calmer une dispute, s'adapter à une nouvelle situation, jouer du piano... il n'y a pas une mais des intelligences. Un livre pour tout savoir sur les intelligences des hommes, des robots, des animaux, et même des plantes ! Un petit livre découvert en rayon jeunesse, dans lequel on apprend énormément de choses de façon claire et brève ; et qui nous amène à nous questionner sur le savoir et la « matière grise »… Un coup de cœur !

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Au soleil redouté, Michel BUSSI


Au cœur des Marquises, l'archipel le plus isolé du monde, où planent les âmes de Brel et de Gauguin, cinq lectrices participent à un atelier d'écriture animé par un célèbre auteur de best-sellers. Le rêve de leur vie serait-il, pour chacune d'elles, à portée de main ?

Au plus profond de la forêt tropicale, d'étranges statues veillent, l'ombre d'un tatoueur rôde. Et plein soleil dans les eaux bleues du Pacifique, une disparition transforme le séjour en jeu... meurtrier ? Enfer ou paradis ? Hiva Oa devient le théâtre de tous les soupçons, de toutes les manipulations, où chacun peut mentir... et mourir. Yann, flic déboussolé et Maïma, ado futée, trouveront-ils lequel des hôtes de la pension Au soleil redouté... est venu pour tuer ? Un huis clos à ciel ouvert, orchestré de main de maître. Un roman très sympathique.

 

Nature humaine, Serge JONCOUR

La France est noyée sous une tempête diluvienne qui lui donne des airs, en ce dernier jour de 1999, de fin du monde. Alexandre, reclus dans sa ferme du Lot où il a grandi avec ses trois sœurs, semble redouter davantage l'arrivée des gendarmes. Seul dans la nuit noire, il va revivre la fin d'un autre monde, les derniers jours de cette vie paysanne et en retrait qui lui paraissait immuable enfant. Entre l'homme et la nature, la relation n'a cessé de se tendre.  A qui la faute ? Ce roman a reçu le Prix Femina 2020. Une lecture pleine de charme et de sensibilité.

 

Je suis pilgrim, Terry HAYES

Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan. Un chercheur torturé devant un laboratoire syrien ultrasecret. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l'humanité. Et en fil rouge, reliant ces événements, un homme répondant au nom de Pilgrim. Dès qu’on commence cette lecture, on a envie de connaître le dénouement ; l’esprit travaille et se questionne mais toujours agréablement.

 

Une bête au paradis, Cécile COULON

La vie d'Emilienne, c'est le Paradis. Cette ferme isolée, au bout d'un chemin sinueux. C'est là qu'elle élève seule, avec pour uniques ressources son courage et sa terre, ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Les saisons se suivent, ils grandissent. Jusqu'à ce que l'adolescence arrive et, avec elle, le premier amour de Blanche, celui qui dévaste tout sur son passage. Il s'appelle Alexandre.
Leur couple se forge. Mais quand Alexandre, dévoré par son ambition, veut partir en ville pour réussir, leurs mondes se déchirent. Et vient la vengeance. Une bête au Paradis est le roman d'une lignée de femmes possédées par leur terre. Un huis clos fiévreux hanté par la folie, le désir et la liberté. Une ambiance superbe, un roman qu’on ne peut plus lâcher, nous dit le lecteur. Un récit qui ne vous laisse pas indifférent.

 

Madame Della Seta aussi est juive, Rosetta LOY

Années trente. De graves événements secouent le monde : crise économique, montée de la violence... Pourtant, la vie se déroule encore paisiblement dans une famille de la bourgeoisie romaine. Lorsqu'une petite fille naît, en 1931, elle est escortée par les siens à la basilique Saint-Pierre pour y être baptisée. La gouvernante accompagne les enfants à la Villa Borghese, la cuisinière Italia prépare des tartes aux fruits, et les voisins échangent des politesses. Pourtant lorsque la fillette rentre à l'école primaire, en 1938, quelques événements fissurent son univers si lisse. Le petit Giorgio Levi est interdit d'ascenseur et le Dr Luzzatti, d'auscultation. Tandis que la gentille voisine de palier, madame Della Seta, se terre dans son appartement silencieux. Très émouvant ainsi qu’intéressant sur le plan historique, la lectrice recommande cette lecture.

 

Ame brisée, Akira MIZUBAYASHI

Le roman de cet auteur japonais qui écrit en français a totalement bouleversé la lectrice qui l’a présenté.

Tokyo, 1938. Quatre musiciens amateurs passionnés de musique classique occidentale se réunissent régulièrement au Centre culturel pour répéter. Autour du Japonais Yu, professeur d'anglais, trois étudiants chinois, Yanfen, Cheng et Kang, restés au Japon, malgré la guerre dans laquelle la politique expansionniste de l'Empire est en train de plonger l'Asie. Un jour, la répétition est brutalement interrompue par l'irruption de soldats.
Le violon de Yu est brisé par un militaire, le quatuor sino-japonais est embarqué, soupçonné de comploter contre le pays. Dissimulé dans une armoire, Rei, le fils de Yu, a assisté à la scène. Il ne reverra jamais plus son père... L'enfant échappe à la violence des militaires grâce au lieutenant Kurokami qui, loin de le dénoncer lorsqu'il le découvre dans sa cachette, lui confie le violon détruit. Dans ce roman au charme délicat, Akira Mizubayashi explore la question du souvenir, du déracinement et du deuil impossible.

 

Onze minutes, Paolo COELHO

La jeune Maria, comme toutes les jeunes filles, n'aspire qu'à l'aventure, au grand amour, et rêve de vivre un conte de fées... Mais la réalité est souvent autre. Attirée en Suisse par un homme qui lui promet monts et merveilles, le retour à la réalité est terrible. Maria en vient à se prostituer, apprenant à bien séparer l'esprit de la chair et s'interdisant de tomber amoureuse. Mais le sexe, comme l'amour, reste pour elle une énigme. Onze minutes est le parcours initiatique d'une jeune prostituée brésilienne qui passe par la réconciliation de l'âme et du corps, et s'achève par un retour aux valeurs romantiques qui leur sont liées. Un roman subtil qui aborde la question de la place de la femme et de la sexualité.

 

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Mort d'un commis voyageur, Arthur Miller, éditions Robert Laffont

Willy Loman, la soixantaine, marié et père de deux enfants adultes, se remémore les étapes de sa vie de commis voyageur. Il s'est toujours donné avec passion à son métier mais, au seuil de la vieillesse, il constate qu'il n'est plus dans le coup. Il va alors préférer disparaître plutôt que de perdre la dignité qu'il a su préserver jusque-là.

Forte, intense, poussant à la réflexion et avec des personnages qui évoluent réellement du début à la fin de la pièce, c'est avec régal que la lectrice a découvert cette oeuvre. Une tragédie très contemporaine aussi, alors qu'elle fut publiée en 1949. Elle a valu à son auteur de remporter le prix Pulitzer. Un vrai chef-d'oeuvre !

 

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Saga, tomes 1 à 9, Brian K. Vaughan et Fiona Staples, éd. urban Comics

Un univers sans limite, peuplé de tous les possibles. Une planète, Clivage, perdue dans la lumière froide d'une galaxie mourante. Sur ce monde en guerre, la vie vient d'éclore. Deux amants que tout oppose, Alana et Marko, donnent naissance à Hazel, un symbole d'espoir pour leurs peuples respectifs. L'espoir, une idée fragile qui devra s'extraire du chaos de Clivage pour grandir, s'épanouir et conquérir l'immensité du cosmos. Une bande dessinée pour lecteurs avertis... et avides d'aventures épiques ! Bienvenue dans le monde foisonnant de Saga.

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Le dernier baiser, James Crumley, éditions Gallmeister

À la demande de son ex-épouse, le privé C.W. Sughrue se lance sur la piste d'un romancier en cavale. Il le retrouve sans trop d'efforts dans un bar décati de Californie, où l'écrivain se soûle à la bière, un bulldog alcoolique à ses pieds. Consciente de sa chance, la barmaid le charge d'une nouvelle enquête : retrouver sa fille Betty Sue qui s'est volatilisée dix ans auparavant. Sughrue a envie d'un peu de compagnie, il embarque donc romancier et bulldog dans son périple. Sans prévoir sa fascination grandissante pour la disparue ni les ramifications sans fin de cette affaire où tous semblent se jouer de lui.

Le Secret du docteur Lescat, Alain Dubos, éditions Presses de la Cité

A la fin du XIX e siècle, au temps de la République triomphante, de la science pasteurienne, des anarchistes, l'histoire d'un médecin de campagne aux prises avec son passé. Solitaire, républicain à l'esprit libre et ouvert, Germain Lescat se préoccupe du seul salut de ses patients et de la distillation à venir. La découverte d'une sordide affaire d'avortement chez des ouvriers vendangeurs et le harcèlement criminel dont il est l'objet projettent Lescat dans son passé d'officier de santé et bien plus loin encore… dans une jeunesse ténébreuse enfouie au fond de sa mémoire. Mais quels sont les secrets du docteur Lescat ?

 

 

Les Testaments, Margaret Atwood, éditions Robert Laffont

Le chef-d'oeuvre dystopique de Margaret Atwood, La Servante écarlate, est devenu un classique contemporain... auquel elle offre aujourd'hui une spectaculaire conclusion dans cette suite éblouissante. Quinze ans après les événements de La Servante écarlate, le régime théocratique de la République de Galaad a toujours la mainmise sur le pouvoir, mais des signes ne trompent pas : il est en train de pourrir de l'intérieur.

Ici ça va, Thomas Vinau, éditions Alma

Un jeune couple s’installe dans une maison apparemment abandonnée. L’idée ? Se reconstruire en la rénovant. Tandis qu’elle chantonne et jardine, lui – à pas prudents – essaie de retrouver ses souvenirs dans ce lieu qu’il habita enfant. Ses parents y vécurent heureux, avant que la mort soudaine du père coupe le temps en deux. Dans ce paysage d’herbes folles et d’eau qui ruisselle, ce sont les gestes les plus simples, les événements les plus ordinaires qui vont réenchanter la vie : la canne à pêche, la petite voisine, les ragondins, la tarte aux fruits, l’harmonica…

La fracture, Nina Allan, éditions Tristram

Le 16 juillet 1994 dans la région de Manchester, Julie Rouane, dix-sept ans, prétexte un rendez-vous avec une copine pour s'absenter du domicile familial... et disparaît pendant plus de vingt ans. Longtemps après l'abandon de l'enquête par la police, faute d'indices concrets - Raymond Rouane, persuadé que sa fille est toujours vivante, continue à explorer seul toutes les pistes possibles. En vain. La mère de Julie et sa soeur cadette, Selena, tentent elles aussi de faire front, chacune à leur manière. Puis un soir, Julie refait surface à l'improviste…

Les Rêveurs, d'Isabelle Carré, éditions Grasset

Quand l'enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées du moment, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d'une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d'écriture.

La Cerise sur le gâteau, d'Aurélie Valognes, éditions Le Livre de poche

La vie est mal faite : à trente-cinq ans, on n'a le temps de rien ; à soixante-cinq ans, on a du temps, mais encore faut-il savoir quoi en faire... Bernard et Brigitte en savent quelque chose. Depuis qu'elle a cessé de travailler, Brigitte profite de sa liberté retrouvée et s'investit dans son rôle de grand-mère. Pour elle, ce n'est que du bonheur. Jusqu'au drame : la retraite de son mari. Car, pour Bernard, troquer ses costumes contre des pantoufles, hors de question ! Ajoutez à cela des enfants au bord de la crise de nerfs, des petits-enfants infatigables, et des voisins insupportables... Une comdie irrésistible et inspirante !

Mon année de repos et de détente, d'Ottessa Moshfegh, éditions Fayard

Jeune, belle, riche, fraîchement diplômée de l'université de Columbia, l'héroïne du nouveau roman d'Ottessa Moshfegh décide de tout plaquer pour entamer une longue hibernation en s'assommant de somnifères. Tandis que l'on passe de l'hilarité au rire jaune en découvrant les tribulations de cette jeune femme de la génération Y qui somnole d'un bout à  l'autre du récit, la romancière s'attaque aux travers de son temps avec une lucidité implacable, et à sa manière, méchamment drôle.

Faire sensation : de l'enlèvement du bébé Lindbergh au barnum médiatique, de Roy Pinker, éditions Agone

En mars 1932, le fils du célèbre aviateur Charles Lindbergh est enlevé puis assassiné. Quatre ans plus tard, à l'issue d'un procès contestable, Bruno Hauptmann est exécuté. Ce livre ne s'attarde pas sur les détails de ce qui est vite devenu "l'affaire du bébé Lindbergh" : il l'aborde comme un moment charnière de l'histoire des médias, où s'installent des méthodes sensationnalistes omniprésentes aujourd'hui.

Tuer le fils, de Benoît Séverac, éditions La Manufacture de livres

Matthieu Fabas a tué parce qu'il voulait prouver qu'il était un homme. Un meurtre inutile, juste pour que son père arrête de le traiter comme un moins que rien. Verdict, quinze ans de prison. Le lendemain de sa libération, c'est le père de Matthieu qui est assassiné et le coupable semble tout désigné. Mais pourquoi Matthieu sacrifierait-il une nouvelle fois sa vie ? Pour l'inspecteur Cérisol chargé de l'enquête et pour ses hommes, cela ne colle pas.

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Séance du 31 janvier 2020

 

Les enfants de Venise, Luca Di Fulvio, Pocket

Venise, 1515. Peu de villes auront connu autant d'injustices, de dangers, de misère et de vices. De liberté, aussi. Liberté pour Mercurio, petit voleur des rues, as du déguisement, pour qui le pavé romain est devenu trop brûlant. Liberté pour Giuditta, jeune et belle Juive, dont la religion semble ici tolérée - mais pour combien de temps ? Rien ne les vouait à s'aimer. Pourtant... Entre inquisiteurs et courtisanes, palais, coupe-gorge et canaux putrides, les amants de Venise feront mentir le destin... Un livre très agréable à lire, plein de suspens !

 

Mille femmes blanches tomes 1, 2, 3, Jim Fergus, Le Cherche-Midi

En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en  réalité des pénitenciers et des asiles... l'une d'elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l'agonie de son peuple d'adoption... Extrêmement bien écrite, cette trilogie se lit avec plaisir, on apprend beaucoup de choses sur le peuple des Indiens d’Amérique. D'abord terrifiées à l'idée de se retrouver parmi les "sauvages", ces femmes au destin improbable vont en fait découvrir que la vraie barbarie n'est pas là où on croit qu'elle est.

 

1Q84, tomes 1, 2, 3, Haruki Murakami, Belfond

Le passé - tel qu'il était peut-être - fait surgir sur le miroir l'ombre d'un présent - différent de ce qu'il fut ? Un événement éditorial sans précédent. Une œuvre hypnotique et troublante, un roman d'aventures, une histoire d'amour, deux êtres unis par un pacte secret. Dans le monde bien réel de 1984 et dans celui dangereusement séduisant de 1Q84 va se nouer le destin de Tengo et d'Aomamé... C’est ce qu’on appelle un roman « valeur sûre », on s’évade complètement et ça se lit très bien.

 

Le grand Cœur, Jean-Christophe Rufin, Gallimard

Dans la chaleur d'une île grecque, un homme démêle l'écheveau de son destin. Fils d'un modeste pelletier, il est devenu l'homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la guerre de Cent Ans. Il a changé le regard sur l'orient. Comme son palais à Bourges, château médiéval d'un côté et palais Renaissance de l'autre, c'est un être à deux faces. Aussi familier des rois et du pape que des plus humbles maisons, il a voyagé à travers tout le monde connu.  Il a vécu la chute, le dénuement avant de retrouver la liberté et la fortune. Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale de l'Histoire de France. Son nom est Jacques Cœur. Il faut tout oublier de ce que l'on sait sur le Moyen Age et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Un roman historique dans lequel on entre très facilement ; de plus, l’auteur possède de vrais talents de conteur.

 

Encre sympathique, Patrick Modiano, Gallimard

N’affirme-t-on pas à chaque fois que le dernier roman de Patrick Modiano est le meilleur ? Que ce livre-là résume tous les thèmes de son œuvre ? Que l’écrivain se renouvelle sans se trahir ? Que l’atmosphère qui s’en dégage est unique, indissociable de son histoire personnelle ? Tout cela est plus vrai que jamais dans ce nouvel ouvrage intitulé « Encre sympathique », cette encre invisible qui surgit peu à peu du néant pour révéler ses secrets. Tels sont les souvenirs du narrateur : évaporés dans le brouillard du passé, ils réapparaîtront peu à peu, par bribes, de manière de plus en plus nette… C’était une lecture agréable mais la lectrice nous a avoué s’être un peu perdue au fil des pages…

 

Je suis noir et je n’aime pas le manioc, Gaston Kelman, Max Milo

" Alors mon brave, dit un officiel français à un émigré convalescent dans un hôpital de Bamako : toi content repartir en France regagner sous ! Toi faire quoi en France ? - Je suis Professeur de littérature à la Sorbonne, monsieur ". L'auteur vit depuis vingt ans en France et se définit avant tout comme bourguignon. Fort de son expérience, il dévide avec une verve féroce les lieux communs qui pèsent sur les Noirs ; alternant le sérieux de son propos avec des anecdotes pathétiques, hilarantes et parfois cruelles. En véritable sociologue, il porte aussi un regard lucide sur les Noirs " qui se complaisent trop souvent dans le rôle de victimes ". L'exercice ne doit rien au masochisme : c'est en fait un exposé analytique des bases du racisme ordinaire, lequel frise le niveau intellectuel de l'homme de Néandertal. Peu d'essais posent aussi brutalement la question à laquelle généticiens et anthropologues ont pourtant déjà répondu : et si le Noir n'était rien d'autre qu'un Blanc à la peau noire ? Un livre plein d’humour pour renverser les clichés !

 

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Séance du 29 novembre 2019

La Laissse de Françoise Sagan, édition Pocket

Peut-on s'approprier l'objet de son amour, l'emprisonner, le tenir à sa merci ? Vincent étouffe depuis des années auprès de sa femme Laurence, grande bourgeoise fortunée, intelligente sans esprit, belle sans charme, passionnée sans tendresse. Lui est musicien sans ambition mais non sans talent. Seule sa faiblesse lui permet de supporter sa captivité. Mais un jour, sous ses doigts de pianiste, naît une mélodie qui le rend riche et célèbre dans le monde entier.  Libre ? Pas pour longtemps, car la geôlière ne lâche pas sa proie... C’est bien écrit et on prend beaucoup de plaisir à la lecture.

 

La jeune fille et la nuit de Guillaume Musso, édition Calmann – Lévy

Côte d'Azur - Hiver 1992 : Une nuit glaciale, alors que le campus de son lycée est paralysé par une tempête de beige, Vinca Rockwell, 19 ans, l'une des plus brillantes élèves de classes prépas, s'enfuit avec son professeur de philo avec qui elle entretenait une relation secrète. Personne ne la reverra jamais. Côte d'Azur - Printemps 2017 : Autrefois inséparables, Fanny, Thomas et Maxime - les meilleurs amis de V inca - ne se sont plus parlé depuis la fin de leurs études. Ils se retrouvent lors d'une réunion d'anciens élèves. Vingt - cinq ans plus tôt, dans des circonstances terribles, ils ont tous les trois commis un meurtre et emmuré le cadavre dans le gymnase du lycée. Celui que l'on doit entièrement détruire aujourd'hui pour construire un autre bâtiment. La vérité va éclater... Le lecteur est tenu en haleine jusqu’au bout et le récit est bien ficelé.

 

Shining de Stephen King, édition JC Lattès

La lectrice avait adoré le film, alors elle a souhaité découvrir le roman ! Et ce fut un véritable coup de cœur pour elle. Situé dans les montagnes Rocheuses, l'Overlook Palace est tenu pour être l'un des plus beaux lieux du monde. Beauté, confort, luxe… L'hiver, l'hôtel est fermé. Coupé du monde par le froid et la neige. Alors seul l'habite un gardien. Celui qui a été engagé cet hiver-là s'appelle Jack Torrance, un alcoolique qui tente d'échapper à l'échec et au désespoir. Avec lui vivent sa femme, Wendy, qui espère, grâce à cet isolement, reconstruire son foyer menacé, et surtout leur enfant,
Danny. Ce dernier  possède le don de sentir, de voir, de ressusciter les choses et les êtres, les événements que l'on croit morts, c’est le « shining ». Et plus l’hiver s’installe, plus le séjour à l’hôtel va virer au cauchemar…

 

Famille parfaite de Lisa Gardner, édition Albin Michel

Les Denbe semblaient sortir des pages des magazines glamour : un mariage modèle, une belle situation, une ravissante fille de quinze ans, une demeure somptueuse dans la banlieue chic de Boston... une vie de rêve. Jusqu'au jour où ils disparaissent tous les trois. Pas d'effraction, pas de témoin, pas de motifs, pas de demande de rançon. Juste quelques traces de pas et des débris de cartouches de taser sur le sol de leur maison.
Pour la détective privée Tessa Leoni, l'enlèvement ne fait aucun doute. Mais que pouvait donc bien cacher une existence en apparence aussi lisse ? C’est prenant ; on ne comprend qu’à la toute fin du roman ce qui s’est vraiment passé.

 

Belle infidèle de Romane Lafore, édition Stock – sélectionné pour le Prix Jeune Mousquetaire

Julien Sauvage est traducteur. Abonné aux guides de voyage et aux livres de cuisine, il rêve en vain d'écrire son propre roman : le récit sublimé d'un chagrin d'amour. Une façon pour lui d'en finir avec Laura, sa belle Franco-Italienne qui lui a piétiné le cœur.  Mais contre toute attente, une éditrice parisienne le contacte pour traduire en urgence un roman encensé en Italie : Rebus, l'œuvre d'un brillant trentenaire, Agostino Leonelli. En se glissant parfaitement dans la peau d'un homme, Romane Lafore signe un premier roman aussi virtuose que jubilatoire, véritable hommage à la fiction.

 

Vers la beauté de David Foenkinos, édition Gallimard

Antoine Duris est professeur aux Beaux-arts de Lyon. Du jour au lendemain, il décide de tout quitter pour devenir gardien de salle au musée d'Orsay. Personne ne connaît les raisons de cette reconversion ni le traumatisme qu'il vient d'éprouver. Pour survivre, cet homme n'a trouvé qu'un remède, se tourner vers la beauté. Derrière son secret, on comprendra qu'il y a un autre destin, celui d'une jeune femme, Camille, hantée par un drame. Un roman très beau et très triste à la fois, mais assurément un coup de cœur !

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J’envisage de te vendre, Frédérique Martin, éditions Belfond

En déréglant les curseurs de notre société, Frédérique Martin convoque le règne des indignités ordinaires et flanque nos libertés au vestiaire. Voici venir le grand show des luttes de classes et de sexe, des dominations ou de la logique marchande, dans un recueil pure malt, sec et bien tassé. Ce recueil de nouvelles est très caustique et loufoque à la fois ; mais aussi facile à lire, alors on se laisse rapidement emporter dans la lecture.

 

Un cheval entre dans un bar, David Grossman, éditions du seuil

Ce roman a reçu le Man Booker International Prize en 2017. Sur la scène d'un club miteux, dans la petite ville côtière de Netanya en Israël, le comique Dovale G. distille ses plaisanteries salaces, interpelle le public, s'en fait le complice pour le martyriser l'instant d'après. Dans le fond de la salle est assis un homme qu'il a convié à son one man show - ils se sont connus à l'école -, le juge Avishaï Lazar, retraité et veuf inconsolable. Il écoute avec répugnance le délire verbal de l'humoriste. Mais peu à peu le discours part en vrille et se délite sous les yeux des spectateurs médusés. Ce roman, drôle et émouvant à la fois, oscille entre humour et souffrance, en rappelant les plaies d’un pays (Israël), toujours ouvertes depuis la Shoah... Un vrai coup de cœur.

Un recteur de l’île de Sein, Henri Quéffélec, Pocket

Cette œuvre superbe place ses personnages dans l'île de Sein, un rocher plat, sans arbres, désespérément sauvage. Là, sous l'Ancien Régime, vivent quelques familles de pêcheurs, âpres, durs, pilleurs d'épaves, superstitieux et violents. Dans ce lieu maudit, où l'évêque de Quimper ne se donne plus la peine d'envoyer un aumônier du culte tant les candidats sont rares, Thomas Gourvennec, simple pêcheur et sacristain de son état, décide de prendre en charge les âmes à la dérive. Il se heurtera à ces hommes et à ces femmes pris en étau par les rochers...

 

Un fauteuil sur la Seine, Amin Maalouf, éditions Grasset

En racontant la vie et les aventures des dix-huit personnages qui se sont succédé au 29e fauteuil de l’Académie française depuis 1634, Amin Maalouf ne retrace pas seulement cette «généalogie en partie fictive» dont parlait son prédécesseur Lévi-Strauss ; il nous fait revivre de manière charnelle, incarnée, quatre siècles d’histoire de France. Très intéressant et prenant, la lectrice qui l’a présenté nous a dit s’être régalée à la lecture.

Princesse maorie, Bernard Simonay, éditions Feryane

Au XIXe siècle, en Nouvelle-Zélande, le destin hors du commun de Cécilia, qui de fille de colons débarquant d'Angleterre va devenir une princesse maorie. Une évasion en Nouvelle-Zélande, sur les traces d'une femme qui devient légende et sur un peuple fascinant et mystérieux, les Maoris. Un roman qui nous fait voyager.

 

Histoire de chambres, Michelle Perrot, Points

Cet essai historique et sociétal est absolument passionnant. De l'Antiquité à nos jours, Michelle Perrot esquisse une généalogie de la chambre, creuset de la culture occidentale, et explore quelques-unes de ses formes : la chambre de Louis XIV, la chambre d'hôtel, la chambre conjugale, celle de la jeune fille, du malade ou du mourant, celle de l'écrivain, la cellule du religieux ou celle de la prison. Car la chambre est le théâtre de l'existence, là où le corps dévêtu, nu, las, désirant, s'abandonne... mais pas seulement. Cet ouvrage est très détaillé et donne de nombreuses références sur ce lieu intime et secret.

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Celle que vous croyez – Camille Laurens

Vous vous appelez Claire, vous avez quarante-huit ans, vous êtes professeur, divorcée. Pour surveiller Jo, votre amant volage, vous créez un faux profil Facebook : vous devenez une jeune femme brune de vingt-quatre ans, célibataire, et cette photo où vous êtes si belle n’est pas la vôtre, hélas. C’est pourtant de ce double fictif que Christophe – pseudo KissChris – va tomber amoureux. En un vertigineux jeu de miroirs entre réel et virtuel, Camille Laurens raconte les dangereuses liaisons d’une femme qui ne veut pas renoncer au désir.

 

Nos richesses – Kaouther Adimi

En 1935, Edmond Charlot, 20 ans, ouvre une librairie à Alger avec la volonté de promouvoir de jeunes écrivains de la Méditerranée sans distinction de langue ou de religion.
En 2017, Ryad, 20 ans, étudiant à Paris, n'éprouve qu'indifférence pour la littérature. De passage à Alger, il doit vider de ses livres un local, tâche qui est étrangement compliquée par la surveillance du vieil Abdallah. La jeune auteure, lauréate du Prix Renaudot des Lycéens 2017, réussit un très beau portrait de cet amoureux des lettres et des livres qu'était Charlot.

 

Couleurs de l’incendie – Pierre Lemaitre

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l'empire financier dont elle est l'héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d'un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement. C’est un véritable coup de cœur pour le lecteur !

 

Un homme doit mourir – Pascal Dessaint

Boris, naturaliste, prépare des dossiers pour cautionner les projets controversés des industriels qui l'emploient. Il se retrouve dans une région de dunes où s'affrontent les intérêts du riche propriétaire d'une maison luxueuse construite grâce à des passe-droit, des promoteurs d'une unité de stockage de produits dangereux, et d'opposants écologistes. Une écriture très agréable et poétique.

 

La papeterie Tsubaki – Ito Ogawa

Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l'art difficile d'écrire pour les autres. Un raffinement extrême dans les détails, comme le choix des outils d'écriture, de la couleur de l'encre, du papier... qui donnent au lecteur la sensation d’un récit tout en délicatesse.

 

Né d’aucune femme – Franck Bouysse

Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses œuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine. Le tout dans un style simple et très prenant.

 

Instants de vie – Virginia Woolf

Instants de vie est composé de cinq textes distincts, tous autobiographiques. Avec verve, avec fureur, avec humour, avec âpreté, Virginia Woolf écrit, à plusieurs époques de sa vie, la crudité, la sauvagerie d’une existence en apparence très civilisée.

 

La Promesse de l’ange de Frédéric LENOIR

Plutôt facile à lire, ce roman  fut un véritable succès de libraire lors de sa parution, en  2006.On est tout de suite emballé par le récit : le Mont-Saint-Michel est loin d’avoir révélé tous ses secrets. Au début du XIe siècle, les bâtisseurs de cathédrales y érigèrent en l'honneur de l'Archange, prince des armées célestes et conducteur des âmes dans l'au-delà, une grande abbaye romane. Mille ans plus tard, une jeune archéologue passionnée par le Moyen Âge se retrouve prisonnière d’une énigme où le passé et le présent se rejoignent étrangement.

Le Discours de Fabrice CARO

Très drôle, plein d’humanité, ce roman se lit d’une traite et est un vrai plaisir de lecture. C’est le début d’un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au message qu’il vient d’envoyer à son ex. Entre le gratin dauphinois et les amorces de discours, toutes plus absurdes les unes que les autres, se dessine un itinéraire sentimental touchant et désabusé, digne des meilleures comédies romantiques.

Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie OTSUKA

Avec une écriture superbe, puissante et poétique, l’auteure décrit les vies de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux Etats-Unis un homme qu'elles n'ont pas choisi. C'est après une éprouvante traversée de l'océan Pacifique qu'elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leur futur mari. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.

Une putain d’histoire de Bernard MINIER

Ce roman policier est une valeur sûre, un régal plein de suspense jusqu’à la dernière page. Il s’agit d’une histoire d’amour et de peur, de bruit et de fureur. L’histoire de Henry, 17 ans, que le meurtre de sa petite amie plonge dans l’enfer du soupçon. Sur son île, Glass Island, battue par les vents, cernée par la brume 360 jours par an et uniquement accessible par ferry, tout le monde connaît tout le monde, jusqu’au plus noir de ses secrets. Ou du moins le croit-on. Quand la peur gagne, la vérité s’y perd…

Par amour de Valérie TONG CUONG

Agréable et facile à lire, ce roman a bouleversé le lecteur. Voici donc l’histoire de deux familles havraises emportées dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. D’un côté, Joffre et Emélie, concierges d’école durs au mal, patriotes, et leurs enfants ; de l’autre, le clan de Muguette, dont l’insouciance sera ternie par la misère et la maladie. Ce roman choral met en scène des personnages dont les vies secrètes s’entremêlent à la grande Histoire et nous rappelle qu’on ne sait jamais quelles forces guident les hommes dans l’adversité.

Il était une ville de Thomas B. REVERDY

Très prenant, ce roman se situe à Detroit en 2008, à la veille de la crise financière qui secoua tout le pays et une blague circule : que le dernier qui parte éteigne la lumière. On dirait que c'est arrivé. C'est dans cette ville menacée de faillite qu'Eugène, un jeune ingénieur français, débarque pour superviser un projet automobile. C'est dans un de ces quartiers désertés que grandit Charlie, Charlie qui vient, à l'instar de centaines d'enfants, de disparaître. Mais pour aller où, bon Dieu, se demande l'inspecteur Brown chargé de l'enquête. C'est là aussi, qu'Eugène rencontrera Candice, la serveuse au sourire brillant et rouge. Et que Gloria, la grand-mère de Charlie, déploiera tout ce qui lui reste d'amour pour le retrouver.

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Olympe de Gouges, Oeuvres complètes réunies par Félix-Marcel Castan, Editions Cocagne

On y trouve les pièces de théâtre écrites par Olympes de Gouges, célèbre femme de lettres et pionnière du féminisme en France.

Une Vie comme les autres de Hanya Yanagihara, Buchet-Chastel

Pour le lecteur il s'agit d'un immense coup de coeur. Ce roman nous emmène dans une épopée romanesque d'une incroyable intensité et interroge de manière saisissante nos dispositions à l'empathie et à la souffrance, la sienne propre comme celle d'autrui. On y suit sur quelques dizaines d'années quatre amis de fac venus conquérir New York. Willem, l'acteur à la beauté ravageuse et ami indéfectible, JB, l'artiste peintre aussi ambitieux et talentueux qu'il peut être cruel, Malcolm, l'architecte qui attend son heure dans un prestigieux cabinet new-yorkais, et surtout Jude, le plus mystérieux d'entre eux. Au fil des années, il s'affirme comme le soleil noir de leur quatuor, celui autour duquel les relations s'approfondissent et se compliquent, cependant que leurs vies professionnelles et sociales prennent de l'ampleur.

Glaise de Franck Bouysse, Le Livre de poche

Au pied du Puy-Violent dans le cantal, dans la chaleur d'août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants: même si on pense revenir avant l'automne, les travaux des champs ne patienteront pas. Ce roman est d'une dureté absolue ; au fil des pages, la violence est sous-jacente. Et pourtant, le récit est foudroyé d'éclairs de beauté absolue, que ce soit celle de la nature, du désir et de l'amour, ou des objets qui naissent de la glaise sous les mains d'un artiste touché par la grâce.

L'usage du monde de Nicolas Bouvier, éditions de La Découverte

Pour la lectrice, c'est le genre de livre "qu'on voudrait toujours continuer à lire". A la fois passionnant et plein d'aventure, on y trouve des passages aussi très poétiques. A l'été 1953, un jeune homme de vingt-quatre ans quitte Genève et son université direction la Turquie. On y découvre un pur récit de voyage, dans la grande tradition de la découverte et de l'émerveillement, en même temps qu'une réflexion éthique et morale sur une manière d'être au monde parmi ses contemporains, sous toutes les latitudes.

Un monde à portée de main de Maylis de Kerangal, éditions Verticales

On pénètre cette fois-ci dans le monde de l'art. Paula, Jonas et Kate se sont rencontrés dans une école de peinture bruxelloise où l'on apprend la reproduction, le trompe-l'oeil ou le fac-similé. Un monde à portée de main, monde des coups de pinceaux certes, mais aussi monde où se développe une écriture intense, vive, aux accents de balade un peu rock et surtout très classe.

Poulets grillés de Sophie Hénaff, Le Livre de poche

Lorsque le divisionnaire Buron décide de faire briller les statistiques du 36, il regroupe dans une brigade dont il confie le commandement à la commissaire Anne Capestan, reine notoire de la bavure, tout ce que la police judiciaire compte d'alcoolos, d'homos, de porte-poisse, d'écrivains, de crétins... Pour élucider des affaires classées. Mais voilà, Capestan aime enquêter, travailler en équipe et surtout, contrarier sa hiérarchie. Une lecture détente et pleine d'humour.

L'Inattendu de Charles Juliet, Gallimard

Ce roman se lit très facilement, sans doute parce qu'il est organisé comme le serait un recueil de nouvelles : huit courts chapitres autour d'un fil conducteur, la mutation progressive de l'enfant François vers l'homme François. Un texte très largement autobiographique si l'on en croit la biographie de l'auteur : enfance à la campagne, enfant de troupe, militaire… Un style très poétique.

Yaak Valley, Montana de Smith Henderson, belfond

Dans le Montana, en 1980. Autour de Pete, assistant social dévoué, gravite tout un monde d’écorchés vifs et d’âmes déséquilibrées. Il y a Beth, son ex infidèle et alcoolique, Rachel, leur fille de treize ans, en fugue dans les bas-fonds de Tacoma, Luke, son frère, recherché par la police. Et puis il y a Cecil l’adolescent violent et sa mère droguée et hystérique, et ce jeune Benjamin, qui vit dans les bois environnants avec son père, Jeremiah Pearl, un illuminé persuadé que l’apocalypse est proche, que la civilisation n’est que perversion et que le salut réside dans la survie et l’anarchie. Au milieu de cette cour des miracles, Pete pourrait être l’ange rédempteur, s’il n’était pas lui-même complètement perdu… Attention âmes sensibles s'abstenir.

Des nouvelles de la poussière rouge de Qiu Xiaolong, Liana Lévi

L'auteur brosse ici, en 18 courtes nouvelles, un portrait passionnant d'une Chine en pleine mutation. Sur une période de plus de 50 ans, nous assistons à la vie quotidienne des habitants de la Poussière Rouge, l'une des plus anciennes cités de Shanghai. Hommes ou femmes, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, tous tentent de vivre et de trouver leur place dans cette société en perpétuelle évolution.


Manosque-des-plateaux de Jean Giono, Gallimard

"Ce pays-là va tout en vagues, puis se creuse en un beau val. Un ruisseau est au fond, sous les saules. C'est le Largue. Un Largue large de trois pas. Il ne va pas comme tous les ruisseaux, d'un flot égal, mais il dort dans des trous profonds, puis l'eau glisse d'un trou à l'autre, en emportant des poissons, puis tout s'arrête et l'on attend une pluie là-bas sur les plateaux. Quand on se penche sur ces trous d'eau, on voit d'abord le monde renversé des arbres et du ciel."

Une journée plus longue qu'un siècle de Tchinguiz Aïtmatov, Temps actuels

Un roman absoulment captivant du début à la fin. La mort d'un vieil homme est l'occasion pour le héros du roman de se remémorer les événements survenus dans la petite gare de triage du désert de Kara-Ouzek où il s'est installé à son retour du front et qui sont l'écho des grands ébranlements du monde soviétique. On y trouve également une critique enflammée du stalinisme.

Le Vieil homme qui se souvenait de Claude Cailleau, Largevision

Fort d’une écriture rigoureuse, aboutie, limpide et sensible, Claude Cailleau fait revivre, en même temps que l’enfant qu’il fut, une époque faite de rudesse, un environnement culturel bien humble, et tous ces gens qui l’entouraient, simples et laborieux, pour la plupart accablés par leur condition. Un ouvrage autobiographique remarquablement écrit.

La Fuite de Paul-Bernard Moracchini, Buchet-Chastel

Un jeune homme rejette la société des hommes. Famille, conquêtes féminines, amis, relations de travail. Tout l'insupporte. Ce monde est devenu définitivement invivable. Il décide de tout quitter et de s'installer dans un minuscule refuge, perdu dans les montagnes. Quoi de plus pur, de plus vrai que la Nature ? Mais rien ne va se passer comme prévu. Une oeuvre abrupte, sans concession, qui ne laisse pas indifférent. Et une prose magnifique, ciselée, sensitive et poétique. Coup de coeur !

Un si bel amour et autres nouvelles de Ludmila Oulitskaïa, Gallimard

Un vrai coup de cœur pour la lectrice qui l’a présenté. L’auteur décrit le monde de l'enfance et de l'adolescence, ces moments de passage où la sensualité s'éveille et où le sentiment amoureux se construit, selon des lois mystérieuses qui échappent à la raison. La cruauté n'est pas absente de ces nouvelles, comme pour confirmer l'adage selon lequel les histoires d'amour finissent toujours mal, mais toujours avec une pincée d ‘ironie et un zeste de nostalgie...

Mato Grosso d’Ian Manook, Albin Michel

Dans un Brésil luxuriant jusqu’à l’étouffement, peuplé d’aventuriers, de trafiquants et de flics corrompus, le nouveau roman de l’auteur de Yeruldegger nous ensorcelle et nous prend à la gorge. Une réflexion sur la manière d’écrire, avec un style plutôt foisonnant  et de belles descriptions du Brésil.

Trois générations  de Sang-Seop Yom, Zoé Editions

Ce grand classique de la littérature coréenne nous emmène à travers une saga familiale à la fin des années 1920 dans un pays sous domination japonaise. Trois générations se côtoient : le grand-père, patriarche enrichi, conservateur et autoritaire, le père, homme moderne mais faible qui a embrassé le christianisme en même temps que la boisson et les femmes, et le fils, étudiant déjà marié et père de famille. On y découvre un style très particulier et très plaisant à la fois.

Le passeur de Chadong de Shen Congwen, Albin Michel

Un très beau roman, agréable à lire. En Chine, une bourgade aux confins de deux provinces, une rivière enveloppée de brume ; un vieux passeur au crépuscule de son existence et sa petite-fille à l'âge des premiers émois. La vie, l'amour, la mort, dans une histoire où la légende se mêle à la réalité de la Chine du début du siècle.

L’Homme de miel d’Olivier Martinelli, LC Lucquin éditions

Dans cette autobiographie, l’auteur, grâce à un style sobre et incisif, aborde le sujet difficile et craint de la maladie. Mais ce n’est pas un texte pénible, bien au contraire, car sa très belle écriture, simple et poétique, et son humour affûté emplissent ces quarante-neuf courts chapitres d’une énergie absolument positive qui prend le lecteur par la main.

J’irai mourir sur vos terres de Lori Roy, Editions du Masque

Ce thriller psychologique va vous embarquer dans un récit que vous ne pourrez plus lâcher ! Tout a commencé en 1936 dans la petite ville du Kentucky. Avant qu’il ne rencontre Juna, Joseph Carl était le meilleur des frères Baine. Mais cette année-là, elle a posé ses yeux noirs ensorceleurs sur lui. Et le pire est arrivé. Dans le Kentucky des années 30 puis 50, des histoires de famille et un passé douloureux refont surface... jusqu’a un final absolument haletant ! L’auteur y dresse également un portrait de la femme à tous les âges de sa vie : enfant, adolescente, jeune femme, mère puis grand-mère... à lire !

L’éternité n’est pas de trop de François Cheng, Le livre de poche

Dans la Chine du 17e siècle, dans un monastère de haute montagne, un homme qui n’a pas encore prononcé ses vœux se décide à quitter ce lieu de paix et de silence pour retrouver, trente ans plus tard, la seule femme qu’il ait jamais aimée. La narration se fait sur un rythme lent et à la fois apaisant, contemplatif et délicat.

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Petit piment, Alain Mabanckou, Editions du Seuil

L'histoire de Petit Piment, un jeune orphelin effectuant sa scolarité dans une institution d'accueil catholique. Lors de la révolution socialiste, il en profite pour s'évader. Adolescent, il commet toutes sortes de larcins. Il trouve refuge auprès de Maman Fiat 500 et de ses dix filles. Mais de nouvelles épreuves lui feront perdre la tête.

Une très belle langue qui nous emporte dans les rues avec ce « Gavroche à l’africaine », dans la société congolaise des années 1960 – 70.

Sapiens, Yuval Noah Harari, Editions Albin Michel

Véritable phénomène d édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur. Professeur d Histoire à l Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage... et notre futur. Très documenté, avec une pointe d’humour et très accessible, on se régale.

La nuit de feu, Eric-Emmanuel Schmitt, Editions Albin Michel

Il a reçu le Prix littéraire des lauriers verts en 2015. C’est très intéressant. On y apprend qu’une nuit peut changer une vie. À vingt-huit ans, Éric-Emmanuel Schmitt entreprend une randonnée à pied dans le Sahara en 1989. Parti athée, il en reviendra croyant, dix jours plus tard.
Loin de ses repères, il découvre une vie réduite à la simplicité, noue des liens avec les Touareg. Mais il va se perdre dans les immenses étendues du Hoggar pendant une trentaine d'heures, sans rien à boire ou à manger, ignorant où il est et si on le retrouvera. Cette nuit-là, sous les étoiles si proches, alors qu'il s'attend à frissonner d'angoisse, une force immense fond sur lui, l'éclaire et le conseille.

Couleurs de l’incendie, Pierre Lemaitre, Editions Albin Michel

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l'empire financier dont elle est l'héritière, mais le destin en décide autrement. Couleurs de l'incendie est le deuxième volet de la trilogie inaugurée avec Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013, où l'on retrouve l'extraordinaire talent de Pierre Lemaitre. Un très bon moment de lecture.

La belle n’a pas sommeil, Eric Holder, Editions du seuil

Une lecture charmante et très prenante, avec une écriture claire et limpide. Une presqu'île qui s'avance sur l'Océan, on y devine le Médoc venteux et ensoleillé de tous les derniers livres d'Éric Holder. L'intérieur de la presqu'île est boisé. Dans une grange au milieu de la végétation épaisse, Antoine a installé sa bouquinerie. L'endroit est quasi introuvable, et, sans l'intervention d'une mystérieuse madame Wong, le libraire crèverait de faim.
Antoine paraît heureux dans sa tanière. Holder décrit un monde à la fois populaire et marginal, profondément singulier, qu'il connaît comme personne.

Vol au-dessus d’un nid de coucou, Ken Kesey, Editions Stock

Devenu un classique contemporain, le roman de Ken Kesey, paru en 1962, n’a rien perdu de sa puissance. Il nous plonge dans le chaos d’un hôpital psychiatrique où l’infirmière en chef Ratched règne en maître sur son service. Jusqu’au jour où débarque McMurphy, un sacré énergumène bien décidé à redistribuer les cartes et à redonner dignité et espoir aux malades. Ce roman est un hymne à la vie envers et contre tous ; très beau et très triste à la fois. Il sera adapté au cinéma par Milos Forman en 1975 avec dans le rôle de McMurphy le célèbre Jack Nicholson.

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Le Grand troupeau  de Jean Giono, éditions Gallimard

Un curé traverse la route en portant une pendule. Un canon anglais passe au grand galop, les chevaux fouettés par les artilleurs français. Un colonel sans capote et nu-tête fait ses grands pas dans l'herbe. De sa main gauche, il tient une boîte de sardines ouverte. Il trempe le pain dans l'huile et il pompe à pleine bouche. Un officier anglais, penché derrière un arbre, allume sa pipe à l'abri. Tout ça s'en va vers le mont Cassel. Un réquisitoire contre la guerre. Superbement écrit, ce roman du célèbre romancier offre une très belle peinture de l’époque de la première Guerre Mondiale, à laquelle il a d’ailleurs participé.

Chanson douce de Leïla Slimani, éditions Gallimard

 Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame. Anxiogène et intrigant, ce roman décrit à merveille notre société bourgeoise actuelle, et ses travers ; puis le portrait de la nounou, très seule et très démunie, est bouleversant. Il a remporté le prix Goncourt en 2016.

Une histoire d’amour et de ténèbres d’Amos Oz, éditions Gallimard

L’auteur célèbre livre ace ce roman un portrait sociologique et historique de son pays, l’Israël. De Jérusalem, où il est né, il retourne en Ukraine et en Lituanie, et fait revivre tous les acteurs de cette tragi-comédie familiale. Au cœur d'une narration riche, d'une ampleur et d'une puissance romanesque jusque-là inconnue dans l'œuvre d'Amos Oz, la disparition tragique de la mère demeure la question à laquelle ce roman cherche une réponse. Une histoire d'amour et de ténèbres est un livre bouleversant où l'histoire d'un peuple et la vérité d'un homme se confondent. Riche et émouvant.

Souvenirs de la marée basse  de Chantal Thomas, éditions du seuil

Nager. Nager pour fuir les contraintes, pour échapper aux vies imposées, aux destins réduits, aux disciplines. C’est ce qu’a sans doute ressenti Jackie toute sa vie, démarrée en 1919 et prolongée pendant presque un siècle dans une liberté secrète, obstinée, qui la fit jusqu’à la fin parcourir des kilomètres pour aller se baigner sur sa plage préférée, à Villefranche-sur-Mer. Entre-temps elle s’était mariée, avait quitté Lyon pour Arcachon, puis, devenue jeune veuve, avait échangé le cap Ferret contre le cap Ferrat, avec sa mer plus chaude, son grand été. Chantal Thomas fait le portrait de sa mère Jackie qui semble « flotter », dans un style très émouvant, délicieux et intrigant à la fois.

La note sensible de Valentine Goby, éditions Gallimard

Dans un style très intimiste et sensible, porté par une écriture magnifique, Valentine Goby décrit cette « note sensible » pour parler de la musique mais aussi des relations entre les êtres. Ils se voient de temps en temps, pour un apéritif, un concert à l'opéra, une galette des rois. Elle s'occupe de lui quand il tombe malade, et, lorsqu'elle perd sa grand-mère, se réfugie chez lui. Mais Vendello se fait de plus en plus absent, lui parle sans cesse du chef Noureguiev… Elle se renseigne sur Noureguiev, visite les mêmes lieux que Vendello, et finit par découvrir son homosexualité. Déçue, se sentant trahie, elle se demande pourquoi il l'a laissée l'aimer…

Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra, éditions Julliard

Yasmina Khadra nous offre ici un grand roman de l'Algérie coloniale (entre 1936 et 1962) - une Algérie torrentielle, passionnée et douloureuse - et éclaire d'un nouveau jour, dans une langue splendide et avec la générosité qu'on lui connaît, la dislocation atroce de deux communautés amoureuses d'un même pays. Un roman merveilleux, où chaque personnage devient vivant sous la plume de l’auteur. Une belle leçon d’amour, et de tolérance.

La Tresse de Laetitia Colombani, éditions Grasset

Smita, Julia, Sarah. Trois femmes, trois vies, trois continents. Trois chemins que rien ne destine à se croiser. Trois histoires pourtant liées. Inde. Smita est une intouchable. Mariée à un chasseur de rats, elle nettoie à mains nues les latrines de son village, comme le faisait sa mère. Son rêve : voir sa fille échapper à la tradition et apprendre à lire. Lorsque cet espoir est anéanti, elle décide de fuir avec l'enfant, malgré les mises en garde de son mari.
Sicile. Julia est ouvrière dans l'atelier de traitement de cheveux de son père. Elle trie, lave, décolore et teint des mèches fournies par les coiffeurs de la ville. Lorsque son père est victime d'un grave accident, elle découvre que l'atelier familial est ruiné. Canada. Sarah est une avocate réputée. Mère de trois enfants, deux fois divorcée, elle enchaîne les dossiers à un rythme effréné. En passe d'être promue associée, elle apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Chaque chapitre est littéralement « tressé » : chaque histoire s’entour des deux autres. Dans le dernier tiers, l’espoir renaît pour chacune de ces femmes, et on est emporté dans cette lecture pleine de fraîcheur et d’élan.


  Une femme d’Annie Ernaux, éditions Gallimard

Annie Ernaux s'efforce ici de retrouver les différents visages et la vie de sa mère, morte le 7 avril 1986, au terme d'une maladie qui avait détruit sa mémoire et son intégrité intellectuelle et physique. Elle, si active, si ouverte au monde. Quête de l'existence d'une femme, ouvrière, puis commerçante anxieuse de «tenir son rang» et d'apprendre. Mise au jour, aussi, de l'évolution et de l'ambivalence des sentiments d'une fille pour sa mère : amour, haine, tendresse, culpabilité, et, pour finir, attachement viscéral à la vieille femme diminuée. Une écriture juste et sobre.

  Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert, éditions Le livre de poche

En 1872, dans une lettre à son amie Mme Roger des Genettes, Flaubert ne cachait pas ses intentions de nuire : "je médite une chose où j'exhalerai ma colère. Oui, je me débarrasserai enfin de ce qui m'étouffe. Je vomirai sur mes contemporains le dégoût qu'ils m'inspirent, dussé-je m'en casser la poitrine ; ce sera large et violent." Ce fut le roman des deux bonshommes : deux greffiers s'installent à la campagne pour se consacrer au savoir dont ils explorent tous les domaines. Puis le dégoût les saisit et ils reviennent à leur occupation première : copier. C’est le livre de toutes les vengeances, croisade encyclopédique contre la bêtise universelle, fable philosophique à la fois comique et "d'un sérieux effrayant" : on se régale !

  Le Dieu des petits riens d’Arundhati Roy, éditions Gallimard

Ce roman a reçu le Man Booker Prize en 1997.Rahel et Estha Kochamma, deux jumeaux de huit ans, vivent en Inde, entourés de leur grand-mère, Mammachi, qui fabrique des confitures trop sucrées, de l'oncle Chacko, un coureur de jupons invétéré, esprit romantique converti au marxisme pour les besoins de son portefeuille, de la grand-tante Baby Kochamma, qui nourrit un amour mystique pour un prêtre irlandais, et de leur mère Ammu, désertée par son mari, qui aime secrètement Velutha, un Intouchable. Un drame va ébranler leur existence et les séparer. Comment réagir quand, à huit ans, on vous somme de savoir «qui aimer, comment et jusqu'où» ? Comment survivre quand, après un événement affreux dont on a été témoin, on vous demande de trahir la vérité pour l'amour d'une mère ? Des jeux avec la langue, et un style très poétique : ce livre est un véritable coup de cœur !

  Le dernier frère de Nathacha Appanah, éditions Points

Raj, neuf ans, vit à Madagascar. David, dix ans, débarque de l’Atlantic avec une cohorte de juifs en exil. Derrière le grillage du camp de Beau-Bassin, Raj observe. Les boucles blondes et les yeux bleus de David le fascinent, le coup de foudre fraternel est immédiat. Impatients d’échapper à la gravité de leurs destins et à la violence de leurs univers, ils fuguent… Un récit touchant qui retrace une période méconnue de l’Histoire.

  Une fille, qui danse de Julian Barnes, éditions Mercure de France

Ce roman a, lui aussi, reçu le Man Booker Prize en 2011 ; et cela se comprend aisément : c’est un récit captivant sur l’amour et les questions existentielles. Tony, la soixantaine, a pris sa retraite. Il a connu une existence assez terne, un mariage qui l’a été aussi. Autrefois il a beaucoup fréquenté Veronica, mais ils se sont éloignés l’un de l’autre. Apprenant un peu plus tard qu’elle sortait avec Adrian, le plus brillant de ses anciens condisciples de lycée et de fac, la colère et la déception lui ont fait écrire une lettre épouvantable aux deux amoureux. Peu après, il apprendra le suicide d’Adrian.
Pourquoi Adrian s’est-il tué ? Quarante ans plus tard, le passé va ressurgir, des souvenirs soigneusement occultés remonter à la surface – Veronica dansant un soir pour Tony, un weekend dérangeant chez ses parents à elle… Et puis, soudain, la lettre d’un notaire, un testament difficile à comprendre et finalement, la terrible vérité, qui bouleversera Tony...

  Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre, éditions Albin Michel

À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien…

  Les noces blanches d’Amicie d’Arces, éditions De Borée

Le nougat de la petite confiserie artisanale Audranne commence à se faire une réputation lorsque Pierre, le chef de famille, pour contestation au retour au pouvoir de Louis-Napoléon, est arrêté et meurt en détention. Julie, aidée de son fils Adrien, qui a hérité du tour de main de son père, reprend la direction de l'entreprise familiale qui va connaître une ampleur inattendue au cours des soixante-dix années suivantes, malgré de terribles déchirements familiaux.

  Les derniers jours de Mandelstam de Vénus Khoury-Ghata éditions Mercure de France

En 1938, le grand poète russe Ossip Mandelstam a 47 ans et se meurt dans un camp de transit près de Vladivostok. Staline, « le montagnard du Kremlin, l’assassin et le mangeur d’hommes », est le responsable de sa déchéance. Du fond de sa cellule, perdu dans son monde peuplé de fantômes, Mandelstam revoit défiler sa vie : quatre décennies de création et de combat, aux côtés de Nadejda, son épouse adorée, et de ses contemporains, Akhmatova, Tsvétaïeva, Pasternak et bien d’autres… Vénus Khoury-Ghata lui redonne vie dans cette œuvre, et prouve ainsi que la littérature est l’un des moyens les plus sûrs de lutter contre la barbarie.

 

club6Judas d’Amos Oz, éditions Gallimard

Le jeune Shmuel Asch désespère de trouver l’argent nécessaire pour financer ses études, lorsqu’il tombe sur une annonce inhabituelle. On cherche un garçon de compagnie pour un homme de soixante-dix ans ; en échange de cinq heures de conversation et de lecture, un petit salaire et le logement sont offerts. C’est ainsi que Shmuel s’installe dans la maison de Gershom Wald où il s’adapte rapidement à la vie réglée de cet individu fantasque, avec qui il aura bientôt des discussions enflammées au sujet de la question arabe et surtout des idéaux du sionisme. On trouve dans ce roman des échanges humains et intellectuels très riches ; la lecture n’est pas toujours fluide, mais on est rapidement happé par le récit.

 

 

club4Une gourmandise de Muriel Barbery, éditions Gallimard

C'est le plus grand critique culinaire du monde, le Pape de la gastronomie, le Messie des agapes somptueuses. Demain, il va mourir. Il le sait et il n'en a cure : aux portes de la mort, il est en quête d'une saveur qui lui trotte dans le cœur, une saveur d'enfance ou d'adolescence, un mets original et merveilleux dont il pressent qu'il vaut bien plus que tous ses festins de gourmet accompli. Alors il se souvient. Silencieusement, parfois frénétiquement, il vogue au gré des méandres de sa mémoire gustative, il plonge dans les cocottes de son enfance, il en arpente les plages et les potagers, entre campagne et parfums, odeurs et saveurs, fragrances, fumets, gibiers, viandes, poissons et premiers alcools... Il se souvient - et il ne trouve pas. Pas encore. Les descriptions des plats sont absolument merveilleuses.

 

club3Les corrections de Jonathan Franzen, éditions Points

La famille Lambert est une famille comme les autres : derrière son apparente bonhomie se cachent des désirs parfois inavouables… De déchirures en réconciliations, Enid, Alfred et leurs trois enfants tentent de donner un sens à leurs contradictions. Et si on ne naissait que pour corriger les erreurs de ses parents ? Un roman-fleuve à l’humour féroce, dont la puissance balaye tout sur son passage. Alternant le tragique et le comique,  l’atmosphère qu’il restitue est tout à fait singulière, et on ne peut que continuer à lire...

 

 

 

 

club2La terre sacrée de Barbara Wood, éditions Pocket

Un violent séisme secoue un quartier résidentiel des hauteurs de Los Angeles, révélant l’existence d’une mystérieuse grotte : le sanctuaire indien de Topanga. Le Dr Erica Tyler, brillante archéologue, a pour mission d’explorer cette caverne qui renferme des ossements humains et une fresque extraordinaire. D’autant plus extraordinaire pour Erica, car cette peinture apparaît dans ses rêves depuis qu’elle est enfant. On ressent toute la spiritualité des peuples traditionnels, et la lecture est réellement passionnante.

 

 

club1Sous le soleil de Satan de Georges Bernanos, éditions Le Castor Astral

L’abbé Donissan, le personnage central du roman, est prêtre dans une humble paroisse de l’Artois. Obsédé par le péché, réfugié dans un ascétisme extrême, il doute de sa vocation. Autour de lui évoluent des êtres souffrants, rongés par le mal. Dont Mouchette, une jeune femme qui semble s’être vouée au vice depuis qu’à seize ans elle s’est donnée au marquis de Cadignan. Lorsque celui-ci, par crainte du scandale, la rejette, elle le tue. Le salut de Mouchette va dès lors incarner pour l’abbé sa lutte contre les forces démoniaques. Publié en 1926, Sous le soleil de Satan, le premier roman de Georges Bernanos, stupéfia ses premiers lecteurs par son lyrisme et par son extraordinaire puissance imaginative. Un livre violent, enveloppé de ténèbres qui nous raconte l’éternel combat du bien contre le mal.

 

crep1Crépuscule du tourment de Léonora Miano chez Grasset

De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s'adressent successivement au même homme: sa mère, la femme à laquelle il a tourne le dos parce qu'il l'aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu'il n'en est pas épris, sa soeur enfin.
A celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d'un point de vue différent. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète: une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité. Au début, on a un peu de mal à rentrer dans le récit ; puis on se laisse emporter chez ces femmes en quête de leur spiritualité et de leur identité culturelle.

 

 

crep2Le cavalier suédois de Leo Perutz chez Phebus

Dans l'Europe orientale au début du XVIIIe siècle, aux confins de la Prusse et de la Pologne, le jeune roi Charles XII de Suède rêve de se tailler un empire qui irait de la Baltique à la mer Noire... et y réussit presque. Un jeune officier de ses troupes, déserteur et pourchassé, prend la place d'un voleur de grand chemin pour échapper à la potence - lequel voleur prend sa place dans la vie. Surtout nous bouleverse ici l'aventure d'un homme qui joue systématiquement les meilleures cartes de l'existence... pour marcher finalement, libéré de tout, vers le supplice ultime qui depuis toujours l'attendait. Ce roman picaresque, très bien écrit et riche en détails, nous entraîne dans une lecture qu'il est difficile d'arrêter.

 

 

 

crep3Satané Dieu ! De Jean-Louis Fournier chez le Livre de poche

Quand Dieu eut fini le monde, il se recula pour l’observer. Et il dit : « Cela est bon. Peut-être trop bon pour eux... » Dieu loge maintenant avec saint Pierre au dernier étage d’une grande tour. Dieu s’ennuie. Les hommes s’amusent. Dieu est jaloux. « Vous avez réussi le paradis, il n’y a pas de raison que vous loupiez l’enfer », lui dit saint Pierre. Encouragé, Dieu invente dans la foulée: la famine qui décime, la culpabilité pour tout gâter, la rentabilité pour tout gâcher, TF1, la surpopulation jusqu’à saturation, les guerres de religion comme punition, après Mozart, Jean-Michel Jarre, et, pour se marrer pendant les fêtes de fin d’année, un bon raz de marée... Un roman très agréable à lire, avec une bonne dose d'humour à la clé.

 

crep4Le nouveau nom d'Elena Ferrante chez Gallimard

On suit le parcours de Lila Cerullo et Elena Greco, adolescentes inséparables. Avec elles, nous traversons les années 1960 à Naples, où le déterminisme social n'est pas un vain mot. Lila et Elena ont chacune leur méthode pour tenter d'échapper à la soumission patriarcale et à la pauvreté des bas quartiers. La brillante et provocante Lila abandonne l'école pour se marier avec un homme riche. Elena, elle, poursuit ses études et rompt avec le passé en quittant la ville. Ce roman donne à lire des portraits remarquables de ses personnages ; la qualité de l'écriture est énorme et on se régale.

 

 

crep5Petit pays de Gaël Faye chez Grasset

Un véritable moment de lecture ; ce premier roman est une véritable réussite. L'histoire s'ouvre aux côtés de Gabriel qui a une dizaine d'années au début des années 1990. Il vit une enfance heureuse dans le confortable quartier de Kinanira à Bujumbura (Burundi) avec ses parents et sa petite sœur Ana. Son père est un expatrié français, chef d'entreprise et sa mère est rwandaise. Comme tous les enfants, il est dans une bande de copains. Mais la réalité géopolitique va emporter ce bonheur innocent de l'enfance avec la guerre civile au Burundi qui précède le génocide des Tutsis au Rwanda. Ce roman a déjà été récompensé par 4 prix littéraires dont le Prix Goncourt des lycéens.

 

crep6Le dernier lapon d'Olivier Truc chez Points

Depuis quarante jours, la Laponie est plongée dans la nuit. Dans l'obscurité, les éleveurs de rennes ont perdu un des leurs. Mattis a été tué, ses oreilles tranchées – le marquage traditionnel des bêtes de la région. Non loin de là, un tambour de chaman a été dérobé. Seul Mattis connaissait son histoire. Les Lapons se déchirent : malédiction ancestrale ou meurtrier dans la communauté ? Ce roman policier venu du froid nous dépayse ; on y découvre une minorité ethnique, les lapons. On pourrait l'appeler un « polar ethnographique » car c'est très bien documenté sur la région et ses habitants. Ce roman a obtenu le Prix Quai du polar en 2013.

 

 

crep7Le rouge vif de la rhubarbe d'Auður Ava Olafsdottir chez Zulma

La petite Ágústína, à son habitude, est descendue seule sur la plage à l’aide de ses béquilles et la force de ses bras pour méditer sur l’inconstance de la vie. Il y a longtemps que sa mère, universitaire émérite partie explorer les espèces migratoires aux antipodes, l’a confiée à la bonne Nína, experte en confitures de rhubarbe, boudins au sang de mouton et autres délices. Avec pour père de substitution épisodique Vermandur le bricoleur au grand cœur, celui-là même qui vit accoucher en catastrophe la mère célibataire d’Ágústína sur la banquette arrière de sa vieille automobile. Ce roman éclaire à merveille l'oeuvre de la grande romancière islandaise née en 1958. Pourtant, c'est à la vie ordinaire qu'elle s'attache, sur cette île noire aux paysages crépusculaires, celle de personnages hors normes qui affrontent leur destinée avec une drôlerie et une grâce incomparable. C'est une mélodie sans fausse note, immergée dans ces paysages du bout du monde, où le ressac, les oiseaux, le vent, les pierres du chemin se transforment en fleurs. Car comme dans Rosa Candida, l'enchantement continue pour se transformer en embellie dans les nuits polaires.

 

 

fr1Frankenstein à Bagdad de Ahmed Saadawi, éditions Piranha

Un conte aussi fantasmagorique que réaliste situé dans l'Irak de l'après Saddam Hussein, Frankenstein à Bagdad a reçu le Prix international du roman arabe 2014. Dans le quartier de Batawin, à Bagdad, en ce printemps 2005, Hadi le chiffonnier récupère les fragments de corps abandonnés sur les lieux des attentats qui secouent la ville pour les coudre ensemble. Plus tard, il raconte à qui veut bien lui payer un verre qu’une âme errante a donné vie à cette mystérieuse créature, qui écume désormais les rues pour venger les innocents dont elle est constituée. La créature symbolise le chaos de la vie à Bagdad pendant les attentats.

 

 

 

fr2Syngué sabour de Atiq Rahimi, éditions P.O.L.

En persan, Syngué sabour est le nom d’une pierre noire magique, une pierre de patience, qui accueille la détresse de ceux qui se confient à elle. Mais ici, la Syngué sabour, c’est un homme allongé, comme décérébré après qu’une balle se soit logée dans sa nuque sans pour autant le tuer. Sa femme est auprès de lui. Le jour où elle explosera d’avoir ainsi reçu trop de malheur, ce sera l’Apocalypse. C’est très théâtral, avec un décor et des personnages qui se mettent en place au fur et à mesure. La parole est l’élément libérateur, et cela est bien exprimé tout au long du récit, dans une très belle écriture.

 

 

 

 

fr3La Cause du peuple de Patrick Buisson, éditions Perrin

Pourquoi, depuis quarante ans, la France traverse-t-elle une crise politique, sociale et morale sans précédent ? Comment sont advenus le règne de l'idéologie, le déni du réel, la trahison du peuple par les élites ? Et nous faut-il nous résigner au déclin ? C’est bien écrit et tout ce qui est relaté est vrai (suite à des recherches complémentaires faites par le lecteur).

 

 

 

 

 

fr5Suite française d’Irène Némirovsky, éditions Gallimard

Écrit dans le feu de l'Histoire, Suite française dépeint presque en direct l'exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte, des plus huppées aux plus modestes. Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d'une population en déroute. Cocottes larguées par leur amant, grands bourgeois dégoûtés par la populace, blessés abandonnés dans des fermes engorgent les routes de France bombardées au hasard… C’est une étude de caractère brillante, très finement écrite, et, selon la personne qui l’a présenté, « on ne peut pas s’arrêter de le lire ». Un véritable coup de cœur. Ce roman a obtenu le Prix Renaudot en 2004.

 

 

 

fr6Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra, éditions Julliard

Yasmina Khadra nous offre ici un grand roman de l'Algérie coloniale (entre 1936 et 1962) et éclaire d'un nouveau jour, dans une langue splendide et avec la générosité qu'on lui connaît, la dislocation atroce de deux communautés amoureuses d'un même pays.

 

 

 

 

fr7Dracula de Bram Stoker, éditions Pocket

Répondant à l’invitation du comte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l’apesanteur… Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres… Le mythe du célèbre vampire sera repris plusieurs fois en littérature et au cinéma.

 

 

lo1Lolita de Vladimir Nabokov chez Gallimard

 Publié en 1955, le roman Lolita a failli ne pas être édité. En effet, le sujet du livre étant la pédophilie entre un homme d’âge mûr et une jeune fille de douze ans, il y a eu de nombreuses polémiques à son sujet. L’écriture de Nabokov s’exprime ici pleinement, et l’auteur explore plusieurs thèmes tels que la psychanalyse, la dualité, l’errance et le décalage entre culture américaine et européenne. Un chef-d’oeuvre de littérature dont on ressort bouleversé.

 

 lo2La nuit de feu de Eric-Emmanuel Schmitt chez Albin Michel

À vingt-huit ans, Eric-Emmanuel Schmitt entreprend une randonnée dans le grand sud algérien. Au cours de l’expédition, il perd de vue ses compagnons et s’égare dans l’immensité du Hoggar. Sans eau ni vivres durant dans la nuit glaciale du désert, il n’éprouve nulle peur mais sent au contraire se soulever en lui une force brûlante. Poussière d’étoiles dans l’infini, le philosophe rationaliste voit s’ébranler toutes ses certitudes. Un sentiment de paix, de bonheur, d’éternité l’envahit. Ce feu, pourquoi ne pas le nommer Dieu