texte-personnalisé

logo bdp32

  M E D I A G E R S

 

rss Gers2015 page de garde

 

 

 

Komodo

  • Imprimer
  • E-mail

KomodoROMAN

David Vann. Editions Gallmeister

Roy, la cinquantaine, est un auteur en mal d’inspiration, divorcé, un peu à la dérive, venu s’échouer sur le sable indonésien où il passe son diplôme d’instructeur de plongée sous-marine. Il invite sa mère et sa sœur, Tracy, à le rejoindre pour une semaine de vacances, de repos, de retrouvailles, de sorties en mer. Mais entre la découverte des fonds marins, silencieux et splendides, et les remontées à la surface où éclate comme des bulles nauséabondes une flopée de ressentiments fraternels jamais digérés, l'atmosphère tourne au vinaigre. Jusqu'à l'incident de trop qui met fin aux vacances.   

C'est à ce moment que le roman bascule sans crier gare pour nous plonger dans un intérieur étouffant. De retour chez elle, en Californie, Tracy doit gérer ses deux jumeaux de 5 ans et son mari absent qui lui donne du « mi amor », mais pas beaucoup d'amour. Trop de pression, pas assez d'air, et la beauté sereine de l'océan bien vite oubliée : la mère menace de déborder… Jusqu'à la rupture ? Avec une habileté psychologique, David Vann montre une tension qui enfle, et dresse un portrait de femme sans tendresse et sans concession, mais qui sonne souvent affreusement juste. Empathique et glaçant.

On lit la seconde partie du livre, traversée d'envies de meurtre et de pulsions de maltraitance, comme on regarde les images d'une catastrophe naturelle s'abattant sur le monde : sidérés, et bizarrement séduits. David Vann se glisse dans la peau de cette femme épuisée avec une justesse remarquable. Il  maîtrise à la perfection l’art de nous maintenir la tête sous l’eau, on traverse ce roman en apnée, secoués dans les remous d’une tension palpable. À chaque page de ce roman hypnotique et sublime, on s’enfonce plus profond encore, à bout de souffle, dans les abysses insondables  de l’esprit humain où tournoient pêle-mêle la haine, l’amour, la culpabilité et la colère.

 "Peut-être que la famille est un immense sac à merde qui se balance dans le vent, et qu'on s'en sert de piñata avant de reculer pour ne pas être éclaboussé quand elle éclate."

VG

Identification