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Eleni ou personne

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eleni ou personneROMAN

Rhéa Galanaki

Bravant règles et interdits dans son pensionnat, Eléni Altamura-Boukoura croque frénétiquement ses camarades et tout ce qui l’entoure, et prolonge cet exercice, la nuit, à la lueur de bougies volées. Si sa mère désapprouve sévèrement cette excentricité, son père, le célèbre marin et capitaine Ioannis Boukouris (qui a fait helléniser son nom libanais), non seulement s’en amuse, mais encourage les ébauches de sa fille adorée, jusqu’à lui offrir des cours particuliers avec le célèbre peintre italien, Raffaello Ceccoli. Le jour où la jeune fille émet le souhait de se rendre en Italie afin d’étudier la peinture, de parfaire ses connaissances et de réaliser pleinement sa vocation artistique. Le père accepte d’accompagner sa fille à Rome, dans un contexte politique troublé et incertain, et amorce en même temps qu’il le scelle le destin exceptionnel de la première femme peintre grecque qui, au XIXème siècle, est allée étudier en Italie :

« Un jour, le capitaine vint me trouver par le chemin que le soleil allumait sur les eaux et, me voyant bouleversée, il me dit que rien dans la vie, ni dans la mort, ne justifiait d’entraver la liberté et le savoir. »

Et sa seule revendication: » n’oublie jamais que tu es Grecque ». Non seulement elle ne l’oubliera pas, mais cette exhortation paternelle l’accompagnera sa vie durant, dans ses choix, ses concessions et ses renoncements les plus douloureux puisque essentiels.Eléni l’apprendra à ses dépens : grimée et travestie en homme pour accéder à un savoir interdit aux femmes, elle parviendra à intégrer l’école des Beaux-Arts. A compter de ce jour, et malgré les nombreuses contraintes liées à cet énorme stratagème, elle acceptera de devenir Personne : ni homme, ni femme, mais envers et contre tous, elle sera peintre !  La vérité devait bien finir par éclater au grand jour.  C’est elle-même qui, pour l’amour d’un peintre révolutionnaire italien, Francesco Saverio Altamura, tombera le masque et s’enferrera dans le cycle infernal du doute, de la culpabilité, de la honte et de la reconstruction inextricable d’une identité. C’est par le travestissement qu’elle pourra exercer son art, c’est par l’abandon de son art qu’elle pourra redevenir femme.

Ce roman aborde plusieurs thèmes : l’identité, la condition féminine, doublée de celle de l’artiste dont le destin aussi tragique qu’exceptionnel fait écho à celui d’Artemisia Gentileschi qui, en Italie, deux siècles auparavant, avait déjà livré une bataille acharnée pour obtenir le droit d’apposer sa signature sur ses propres œuvres d’art.

Editions Cambourakis

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