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Nous étions des hommes (Her Privates We)

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nous etions des hommesLa Somme, en 1916

Dans ce livre de Frederic Manning (éd. Phébus) nous lisons le quotidien d’un régiment britannique dans lequel l’inclassable Bourne, le personnage principal, est un enrôlé volontaire de 35 ans, bilingue, cultivé et flegmatique en toutes circonstances - à l’opposé du reste de la troupe- qui refuse mordicus toute promotion de grade.

Le roman n’est pas un récit de bataille : ici pas de massacres sanglants, d’officiers inhumains ou d’ennemis fanatisés, non, ce sont des hommes, rien que des hommes qui vivent et survivent en pleine guerre. Certes le régiment combat un adversaire retranché et subit les bombardements mais c’est le détail de cette micro société masculine, et les personnages qui la compose, qui sont relatés de façon magistrale : les conditions climatiques, les contraintes de l’équipement militaire, l’absence d’hygiène, les multiples corvées, l’alcool omniprésent, les contacts avec la population et aussi l’attente récurrente avant l’épreuve du feu. Le soldat Bourne finira par perdre ses amis, sa carapace morale et sa vie même au cours des derniers combats.

Bourne c’est sûrement l’auteur, Frédéric Manning, homme de lettres londonien qui s’engage à 33 ans comme simple soldat et passera plusieurs mois sur le front en France. Il est sollicité à la fin de la guerre pour écrire ses mémoires de guerre (c’est la grande mode à l’époque) et sort un petit roman autobiographique, « Her Privates We », sous le pseudo de « 2ème classe 19022 », qui en séduit certains et en choque beaucoup, à cause du contenu brut mais surtout du langage cru des protagonistes.

Si une version plus châtiée est rééditée peu après, ce récit bouleversant tombe dans l’oubli jusqu’en 1999 où il est redécouvert par William Boyd – qui rédige une superbe préface -, et obtient un triomphe éditorial en Angleterre avant d’être traduit l’année suivante aux éditions Phébus.

"Le livre le plus beau et le plus noble que j'ai lu sur la guerre et sur les hommes qui la font" (Ernest Hemingway).

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Les sentiers de la gloire

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Célèbre roman antimilitariste, Les sentiers de la gloire est un fait divers, mais un fait divers barbare et glaçant au sein de la Grande Guerre. Un témoignage remarquable qui lève le voile sur l'omerta militaire et aide l'opinion publique à prendre conscience de ce qui se passe réellement sur le front. 

sentiers de la gloireUne unité française épuisée, lancée à l’assaut d’une position ennemie imprenable, échoue après des pertes considérables : l’officier supérieur qui a donné l’ordre inique exige des « responsables » parmi la troupe et décide de faire fusiller plusieurs sous-officiers « pour l’exemple », après une caricature de procès militaire.

Humphrey Cobb (1899-1944), l’auteur, a lui-même vécu la guerre au front pendant 3 années parmi les troupes canadiennes, et en est ressorti blessé et gazé. C’est à la lecture d’un article de presse de 1934 qui relate la réhabilitation de quatre soldats français fusillés pour désobéissance qu’il entreprend l’écriture de ce roman qui deviendra un best-seller Outre-Atlantique.

Des exécutions pour l'exemple ajoute à la barbarie...

L'auteur s’inspire en grande partie d’un épisode abject de la guerre de 14, l’affaire des blanche maupasCaporaux de Souain : le général Réveilhac fait canonner ses propres troupes pour les obliger à attaquer une colline ennemie inexpugnable et, suite à l’échec de l’assaut, exige la désignation de plusieurs soldats du régiment afin de les traduire en conseil de guerre. Au final 4 caporaux sont fusillés pour refus d’obéissance, malgré la défense de leur capitaine. Ils ne seront réhabilités que 20 ans plus tard, grâce à l’acharnement de la veuve de l’un d’eux, Blanche Maupas, soutenue notamment par la ligue des droits de l’homme. (A lire aussi : Blanche Maupas : la veuve de tous les fusillés de Macha Sery et Alain Moreau, aux éditions L’Archipel)

Cet événement est loin d’être un cas isolé, puisque plus de 2500 soldats français furent condamnés à mort devant la justice militaire pendant 14-18, pour des motifs comme refus d’obéissance ou mutilations volontaires, et 600 d’entre eux fusillés, les autres voyant leur peine commuée en travaux forcés.

Une vérité pas bonne à voir...

sentiers de la gloire filmEn 1957, Stanley Kubrick en tire un long-métrage au titre éponyme, qui est une véritable charge contre la haute hiérarchie militaire, et sur l’animalisation des conscrits considérés comme de simples pions. A l’inverse du film de guerre classique, il dépeint non pas l’affrontement entre deux camps ennemis, mais celui entre officiers et hommes de troupes au sein d’une même armée.

Sous la pression des associations d’anciens combattants, le film ne sera distribué en France qu’en 1975, près de 20 ans après sa sortie…

 

 

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